.N°001_ Blasphème.

.N°001_ Blasphème.
M a x i m e ,
ou la monstruosité dans sa forme la plus pure.


Je m'appelle Sophie et j'ai oublié mon âge. Aujourd'hui je suis allée ramasser des fleurs pour maman, dans le jardin. Avant, quand elle prenait le temps de s'en occuper, le jardin était magnifique, plein de fleurs tellement bizarres et tellement belles, qu'on voit nulle part ailleurs. A coup sûr moi je vous le dis c'est ma maman qui les as inventées ces fleurs, dans son laboratoire bizarre où elle fait pousser toutes ces plantes vertes et odorantes, ces herbes bizarres avec de grandes feuilles qu'elle m'interdit d'approcher. Ma maman elle était juste merveilleuse.

Et elle l'est toujours hein ! Même si maintenant le jardin il ressemble plus à un champ de bataille qu'à autre chose. Les fleurs et les feuilles se mélangent et j'ai l'impression qu'il y a plus de piques que d'herbe qui poussent par terre. Les piques, ce sont ces machins blancs qui font saigner et que maman veut pas que je touche. Ils font un peu peur et j'évite de les regarder quand je vais cueillir des fleurs, surtout celles qui poussent tout au fond dans un entremêlement saugrenu de lianes. Elles sont roses, douces, très belles et très brillantes, mais elles sont fragiles. Comme ma maman.

Je suis revenu à la maison avec un petit bouquet. Ce n'est pas grand chose, je le sais ; mais quelque fois maman sourit un peu en les voyant, quand elle n'est pas endormie ou qu'elle n'est pas en train de pleurer. Des fois j'ai l'impression d'être un peu inutile dans la maison, et inutile à maman qui a beaucoup de peine ; heureusement, il y a un monsieur qui vient souvent. Honnêtement, je sais pas ce qu'il veut à maman et je sais pas s'il est là pour lui faire du bien, mais maman n'est pas la même quand il est là, et je crois bien que c'est déjà un petit progrès. Mais il y a des jours où il me fait un peu peur, parce qu'il dit des choses bizarres avec une voix bizarre. Des fois il crie très fort après maman, et souvent elle pleure après, mais quand je suis allé lui demander ce que c'était, elle m'a dit de ne pas m'inquiéter, et que c'était seulement un jeu entre eux. Elle m'a dit d'être gentille avec lui parce qu'il était là surtout pour moi. Alors, je suis gentille.

En rentrant dans la maison, j'ai vu que le monsieur était là. Bonjour monsieur. J'espère que le petit bouquet va plaire à maman, parce que cette fois-ci c'est elle qui m'a demandée d'aller lui en chercher, ce qui est assez rare. Elle m'a dit, avec un sourire, qu'elle avait bien envie d'une petite fleur. Ca en fait une tache importante ! Et ça me rend contente. J'ai traversé la maison, je ne trouve pas maman. Où peut-elle être ? Ah, il y a de la lumière dans la salle de bain. Je m'approche pour y entrer. Alors le monsieur m'attrape la main et me dit qu'il ne faut pas que j'y aille. Pourtant j'entends le bain couler, maman est là dedans ! Mais il ne veut pas. Je me débats, je crie et je pleure ; rien n'y fait, il me tiens. Je sanglote, je hurle, je le frappe, le mords ; il est obligé de desserrer mais ne tarde pas à me reprendre. Il peste, il appelle des autres avec son truc qui fait du bruit.

Je n'ai pas cédé. Moi, haute comme trois pommes, je les ai obligé à tous s'y mettre pour m'emmener. Ma mère a fini sa vie dans sa baignoire ce jour là.





Toutes les nouveautés sont à la fin.

# Posté le lundi 30 mars 2009 13:08

Modifié le samedi 14 novembre 2009 06:36